Reporters sans frontières (RSF) a publié ce matin du jeudi 30 avril 2026 depuis Dakar le rapport annuel sur l’état de la liberté de la presse dans le monde. Le document dresse un constat amer pour le Bénin : autrefois cité en exemple, le pays poursuit une régression jugée « inquiétante » par l’organisation. En l’espace de douze mois, le Bénin a chuté de la 92e à la 113e place sur 180 pays évalués. Le pays se retrouve désormais talonné par le Nigéria, perdant l’avance qu’il maintenait péniblement les années précédentes.
Selon les conclusions de RSF, cette érosion de la liberté d’informer n’est pas fortuite. L’organisation pointe du doigt une répression accrue durant l’année 2025, marquée par de nombreuses interpellations et incarcérations de journalistes.
Au cœur du problème : l’insécurité juridique. RSF souligne une contradiction flagrante entre le Code de l’information et de la communication, censé protéger la profession et le Code du numérique, utilisé pour qualifier diverses infractions et justifier l’emprisonnement de professionnels des médias.
« Le pays, entre-temps modèle de la liberté de la presse dans la sous-région, régresse dangereusement », a prévenu l’organisation lors de la présentation des résultats. Celui que l’on surnommait autrefois le « Quartier latin de l’Afrique » semble s’éloigner chaque année un peu plus de ses standards démocratiques. Cette 113e place sonne comme un avertissement pour les acteurs de la société civile et les partenaires internationaux, alors que le cadre législatif actuel ne garantit plus, selon les experts, le plein exercice de la libre expression.

