Clôture réussie pour le Forum social mondial 2026 au Bénin

(Trois jours d’échanges intenses au service des alternatives planétaires)

Du 6 au 8 août 2026, le campus de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a vibré au rythme des grandes préoccupations mondiales. En accueillant la 17ᵉ édition du Forum social mondial (FSM), Cotonou est devenue, l’espace de trois jours, la capitale internationale des luttes citoyennes.

C.T

Cet événement a réuni des représentants de plus de cent pays, illustrant la vitalité et la diversité des mouvements sociaux, des organisations de la société civile et des associations engagées pour un monde plus juste.

Malgré les incertitudes qui avaient précédé le coup d’envoi et contraint les organisateurs à adapter la durée de l’événement, cette édition béninoise s’est révélée être une réussite éclatante sur le plan logistique et programmatique. Le Secrétariat technique d’organisation (STO) et le Comité national d’organisation (CNO) ont su relever le défi, offrant aux participants un cadre propice au dialogue et à la co-construction.

Une mosaïque thématique pour croiser les luttes

La richesse de cette édition réside avant tout dans la pluralité des sujets abordés à travers de multiples panels, ateliers et espaces de discussion. Le FSM 2026 a fait le pari audacieux de croiser des thématiques variées pour tisser des liens entre des acteurs aux combats parfois sectoriels, mais unis par un même idéal de résistance et d’alternative.

Parmi les sujets phares qui ont animé les débats, on retrouve :

  • L’urgence climatique et environnementale : La préservation de la planète et les conséquences des dérèglements écologiques ont monopolisé de nombreuses attentions.
  • La démocratie, l’État de droit et la justice : Les participants ont examiné les menaces pesant sur les libertés fondamentales et la cohésion sociale.
  • Les services essentiels : Les crises et les défis structurels traversés par les systèmes de santé et d’éducation ont été passés au crible.
  • La révolution numérique : L’impact de la technologie sur les structures sociétales a suscité de vives et passionnantes controverses.
  • La géopolitique et la diplomatie : Le commerce international, la paix, la diplomatie des peuples et la justice fiscale ont également nourri les réflexions, notamment à travers la nécessité de taxer plus équitablement les multinationales selon leur activité réelle.

Les migrations et la mobilité humaine au centre de l’agora

Si tous les sujets comptaient, la question migratoire a incontestablement battu des records de mobilisation. Un espace dédié a rassemblé des dizaines d’associations militant pour la défense des personnes en mobilité.

Les échanges ont sans concession pointé du doigt la criminalisation croissante des migrants, la dramatique recrudescence des disparitions sur les routes migratoires et les dérives des politiques sécuritaires de contrôle des frontières. Au-delà des critiques formulées contre l’arc migratoire global, une attention toute particulière a été portée à la mobilité intra-africaine. Alors que le continent durcit lui aussi ses barrières intérieures, les acteurs présents ont plaidé pour une refonte totale des politiques et pour une convergence renforcée entre les organisations africaines et leurs partenaires internationaux. L’occasion de rappeler que les crises ne sont jamais isolées : le changement climatique, la pauvreté, l’insécurité et les déplacements de populations s’entremêlent et exigent des réponses globales et solidaires.

Sankarisme et souveraineté d’Haïti : Des temps forts hautement symboliques

L’esprit de résistance et d’émancipation qui caractérise le FSM s’est matérialisé à travers des moments forts et des prises de position audacieuses :

D’une part, l’appel pour Haïti : La cérémonie de clôture a été marquée par le lancement solennel d’une initiative majeure visant à créer une plateforme internationale pour la souveraineté d’Haïti. Cet outil servira de rampe de lancement pour préparer, dès 2027, une grande conférence nationale consacrée à l’avenir du peuple haïtien.

Ensuite l’héritage de Thomas Sankara : Un panel mémorable, animé par le comité international du mémorial Thomas Sankara, a replacé la pensée du leader burkinabè au centre de l’actualité. Les intervenants ont réaffirmé l’urgence absolue de l’unité africaine, de l’intégrité et de la reconquête de la souveraineté des peuples face aux ingérences extérieures.

Une force d’action au-delà des déclarations formelles

Fidèle à l’ADN du Forum social mondial, Cotonou n’a pas accouché d’un énième texte institutionnel contraignant. La véritable force de cette 17ᵉ édition réside dans la constitution de réseaux inédits, le renforcement des alliances existantes et le ciment des solidarités futures.

Les graines semées durant ces trois jours d’effervescence promettent de futures récoltes de luttes concrètes et solidaires.

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