Le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, a officiellement lancé la campagne agricole 2026-2027 ce jeudi 23 avril 2026 à Komiguéa (commune de N’Dali). Sous le signe de la compétitivité et de la durabilité, cette nouvelle saison place la filière anacarde au cœur de ses priorités, tout en introduisant une réflexion majeure sur la protection sociale des acteurs ruraux.
L’édition de cette année s’articule autour d’une thématique ambitieuse : « Compétitivité et durabilité des systèmes de productions agricoles dans le contexte béninois : défis et perspectives pour la mise en place d’un système de protection sociale des acteurs des chaînes de valeur agricole ». Au-delà de la productivité, le gouvernement entend désormais sécuriser les conditions de vie de ceux qui nourrissent la nation.
Le Ministre Dossouhoui a dévoilé une feuille de route chiffrée qui témoigne de la vitalité du secteur. Le Bénin projette des bonds significatifs pour la période 2026-2027. 3 400 000 tonnes attendues, soit une progression de 16 %. Un objectif de 9 460 000 tonnes de racines et tubercules soit une augmentation de 17 %. En ce qui concerne les légumineuses, la prévision est de 1 322 000 tonnes (+7 %), dont un volume stratégique de 770 000 tonnes pour le soja et enfin pour le Maraîchage, une explosion de 46 % pour les légumes feuilles et 12 % pour les légumes fruits. Les cultures industrielles, piliers de l’exportation, affichent également des ambitions claires : Coton : 700 000 tonnes (+20 %), Ananas : 500 000 tonnes (+2,7 %) et anacarde (filière vedette) : 250 000 tonnes (+12 %). La production de protéines animales suit la même courbe ascendante avec une hausse globale de 8 % pour la viande et de 14 % pour les œufs. Le secteur halieutique (pêche et aquaculture) devrait, quant à lui, connaître une croissance de 4 %. Pour atteindre ces sommets, Gaston Cossi Dossouhoui a rappelé les leviers actionnés par l’État. Premièrement un accès facilité aux intrants agricoles, deuxièmement, l’utilisation de semences certifiées et performantes ; troisièmement l’accélération de la mécanisation et de la maîtrise de l’eau et enfin le renforcement du conseil agricole de proximité. Accueillant l’événement sur ses terres, le Maire de N’Dali, Saka Méré Daouda, a exprimé sa fierté, rappelant que 80 % de ses administrés dépendent directement de la terre. De son côté, Jean Kpétéré, représentant la Chambre Nationale d’Agriculture, a appelé à une campagne de « responsabilité collective » et d’innovation pour consolider les acquis des années précédentes. La cérémonie a été marquée par un acte fort de gouvernance : la remise de contrats d’objectifs aux responsables des structures agricoles décentralisées, les engageant ainsi sur des résultats concrets.
