Assemblée Nationale du Benin: Constitution révisée, le Président et les députés décrochent désormais 7 ans

Par Marc Johannes GOUDJANOU

L’Assemblée nationale a franchi, à l’aube du samedi 15 novembre 2025, une étape décisive dans le processus de révision de la Constitution. Réunis au palais des gouverneurs, les députés ont adopté la proposition de loi constitutionnelle par 90 voix pour et 19 contre, atteignant ainsi la majorité qualifiée des quatre cinquièmes requise sur les 109 députés que compte l’hémicycle.

Cette adoption ouvre la voie à une transformation majeure des institutions. Outre la création d’un Sénat, la modification la plus marquante concerne désormais l’allongement du mandat du Président de la République, porté de cinq à sept ans, une durée qui s’appliquera également aux députés. Selon les défenseurs du texte, il s’agit d’un ajustement destiné à « renforcer la stabilité institutionnelle » et à « donner le temps nécessaire à la mise en œuvre des politiques publiques ».

Après la prise en considération de la proposition de loi il y a quelques jours, les parlementaires se sont retrouvés pour poursuivre l’examen détaillé des dispositions. Au cours du débat général, les députés de la mouvance présidentielle ont soutenu la réforme en insistant sur « la modernisation de l’architecture institutionnelle » que permettrait l’instauration du bicamérisme et la réorganisation des pouvoirs.

De leur côté, les élus de l’opposition ont vigoureusement contesté le texte, dénonçant ce qu’ils qualifient de « dérive institutionnelle » et « d’atteinte grave à la démocratie ». Selon eux, l’allongement des mandats constitue un recul des acquis démocratiques et risque d’affaiblir l’alternance politique. Certains ont également mis en garde contre « un déséquilibre des pouvoirs » au profit de l’exécutif.

Malgré ces critiques, la majorité parlementaire a réussi à rallier suffisamment de voix pour faire passer la réforme. Le projet de révision poursuivra désormais son parcours institutionnel, en attendant les étapes finales prévues par la loi fondamentale.

De nouveaux développements sont attendus dans les prochains jours, alors que les regards restent tournés vers les implications politiques et sociales de cette profonde restructuration du cadre constitutionnel.

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